{"id":950,"date":"2026-05-10T01:37:21","date_gmt":"2026-05-09T23:37:21","guid":{"rendered":"https:\/\/memoriadelcor.org\/?page_id=950"},"modified":"2026-05-10T01:37:21","modified_gmt":"2026-05-09T23:37:21","slug":"michele-contini-elisabetta-carpitelli","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/memoriadelcor.org\/?page_id=950","title":{"rendered":"Michel(e) Contini &amp; Elisabetta Carpitelli"},"content":{"rendered":"\n<h4 class=\"wp-block-heading\"><strong>Michel Contini<\/strong><\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Mon cher Enrique,<br>Il fut un temps o\u00f9 tu n\u2019\u00e9tais pas encore avec nous, les dialectologues engag\u00e9s dans les deux chantiers supranationaux :<br>ALE et ALiR. Tu n\u2019y \u00e9tais pas encore, mais on te connaissait d\u00e9j\u00e0. Joan Veny nous parlait d\u2019un de ses disciples, tr\u00e8s jeune, dou\u00e9 et passionn\u00e9 de linguistique romane, qu\u2019il comptait bien accueillir dans le comit\u00e9 catalan qu\u2019il dirigeait et qui avait fait s\u00e9cession de la structure unique pour l\u2019Espagne dans le cadre de l\u2019ALE. Il fallait attendre cependant que le disciple en question soit lib\u00e9r\u00e9 de ses obligations militaires, ce qui finit par arriver. Nous l\u2019attendions comme le printemps.<br>Joan Veny avait vu juste. Nous pouvions rapidement appr\u00e9cier ses connaissances, ses centres d\u2019int\u00e9r\u00eat, son dynamisme et son go\u00fbt des autres. Le comit\u00e9 catalan en sortait renforc\u00e9 et nous tous allions accueillir Enrique dans notre famille de l\u2019ALiR.<br>En fouillant dans ma m\u00e9moire, je me souviens que tu manifestais d\u00e9j\u00e0 un grand int\u00e9r\u00eat pour l\u2019univers culturel des temps pass\u00e9s, celui du monde paysan en particulier avec ses croyances, ses relations avec la nature, avec le temps qui passe, avec la vie, ce plus grand int\u00e9r\u00eat aussi pour les expressions ou les proverbes qui se rattachaient \u00e0 cet univers : bref \u00e0 ce qu\u2019on appelle la<br>\u00ab culture populaire \u00bb dont t\u00e9moignent les almanachs que l\u2019on retrouvait dans toutes les maisons de campagne : je partageais totalement cette passion qui renvoyait \u00e0 mon enfance insulaire.<br>Enfin, on voyait d\u00e9j\u00e0 poindre ton orientation future pour la g\u00e9opar\u00e9miologie qui se concr\u00e9tisera plus tard dans le projet ParemioRom dont tu as \u00e9t\u00e9 l\u2019initiateur. \u00c0 titre personnel, je me souviens que depuis de longues ann\u00e9es, le 29 septembre pour la f\u00eate de la Saint-Michel, Enrique me souhaite \u00ab bonne f\u00eate\u00bb en l\u2019accompagnant de \u00ab refranes \u00bb fr\u00e9quents dans toutes les vari\u00e9t\u00e9s romanes. J\u2019ai la chance d\u2019avoir le pr\u00e9nom d\u2019un Archange annonciateur de l\u2019\u00e9t\u00e9 de la Saint-Michel ou de la Saint-Martin (l\u2019\u00e9t\u00e9 indien).<br>Mon cher Enrique, je ne veux pas m\u2019\u00e9tendre ici sur tes connaissances et sur tes travaux connus et appr\u00e9ci\u00e9s par notre communaut\u00e9 scientifique.<br>Je voudrais \u00e9voquer seulement quelques souvenirs de l\u2019homme Enrique, heureux dans son univers familial, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de son \u00e9pouse Carmen et de ses deux filles, encore des enfants quand je les ai connues, Emma et Aurora :<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>Je me souviens de plusieurs s\u00e9jours professionnels et touristiques \u00e0 Barcelone et de l\u2019accueil que vous m\u2019aviez r\u00e9serv\u00e9 la premi\u00e8re fois, dans votre maison. Vos deux gamines, tr\u00e8s intimid\u00e9es, m\u2019avaient pr\u00eat\u00e9 leur chambre.<br>Au matin, elles m\u2019avaient demand\u00e9 lequel de leurs deux lits j\u2019avais choisi pour mon sommeil. J\u2019ai d\u00fb faire une jalouse, mais sans rancoeur aucune et, \u00e0 mon d\u00e9part, j\u2019ai eu droit \u00e0 un petit dessin, souvenir de l\u2019\u00e9v\u00e9nement !<\/li>\n\n\n\n<li>Je me souviens, toujours \u00e0 Barcelone, d\u2019une promenade dominicale, toute la famille r\u00e9unie. On s\u2019\u00e9tait arr\u00eat\u00e9 dans un parc peupl\u00e9 d\u2019une ribambelle de gamins tr\u00e8s excit\u00e9s, rejoints par les deux filles qui, apparemment, les<br>connaissaient d\u00e9j\u00e0\u2026et par toi, Enrique. Et te voil\u00e0, ce g\u00e9ant que tu \u00e9tais, avec ton m\u00e8tre quatre-vingt-dix, bien habill\u00e9, comme une personne respectable, prendre part \u00e0 leur j eu, n\u2019h\u00e9sitant pas \u00e0 te coucher par terre, en agitant bras et jambes en l\u2019air, suscitant le rire des gamins et l\u2019\u00e9tonnement des nombreuses m\u00e8res pr\u00e9sentes.<br>Conclusion : Enrique aime les enfants, comme un papa-g\u00e2teau.<\/li>\n\n\n\n<li>Je me souviens d\u2019avoir re\u00e7u \u00e0 mon tour, Enrique, Carmen et les deux filles \u00e0 Grenoble et surtout dans notre appartement d\u2019Autrans, dans le Vercors. Je sais que vous aviez appr\u00e9ci\u00e9 ce village de montagne. De votre s\u00e9jour restent des souvenirs que je garde toujours. Une tradition voulait que les membres de la famille, \u00e0 des \u00e9poques diff\u00e9rentes, ou des amis de passage marquent sur les barreaux en bois de la rampe qui conduit \u00e0 la mezzanine, un trait au crayon indiquant leur taille \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de leurs noms et de la date. Les Gargallo ne furent pas une exception en \u00e9crivant tous ces renseignements \u2026 en \u00e9crivant avec un crayon vert. Vous ne serez pas<br>\u00e9tonn\u00e9s que le nom d\u2019Enrique figure au niveau le plus haut et celui d\u2019Aurora au niveau le plus bas\u2026 mais pas tout \u00e0 fait, car encore plus bas on remarque la taille de Pepe, le hamster compagnon de voyage d\u2019Emma et<br>Aurora qui n\u2019atteint pas les 10 cm. Comment ne pas penser \u00e0 vous chaque fois que je monte \u00e0 Autrans ?<br>Mais nos occasions de rencontre ont \u00e9t\u00e9 depuis de longues ann\u00e9es, nos colloques, congr\u00e8s ou autres symposiums marquant l\u2019avancement de nos chantiers dont je ne parlerai pas ici. Je voudrais en revanche dire n mot sur les soir\u00e9es festives, succ\u00e9dant les journ\u00e9es de travail :<\/li>\n\n\n\n<li>Je me souviens que l\u2019on y dansait et on y chantait beaucoup et que nous d\u00e9couvrions tes qualit\u00e9s musicales. On voulait toujours entendre \u00ab Los labradoires \u00bb, l\u2019hymne rappelant le travail des paysans d\u2019Aragon, avec ta voix de stentor, avec ton \u00e9motion visible. Et notre Gabriele, qui nous manque \u00e0 pr\u00e9sent d\u2019interpr\u00e9ter des airs d\u2019op\u00e9ra aux aigus \u00ab pavarottiens \u00bb\u2026 \u00ab Nessun dorma\u2026 \u00bb. La contribution de la plupart d\u2019entre nous \u00e9tait plus<br>modeste. On osait \u00ab Bella ciao \u00bb, peut-\u00eatre, et se terminait toujours par \u00ab La polenta \u00bb, une chanson de source paysanne, style colonie de vacances, qui allait devenir une sorte d\u2019hymne final de nos journ\u00e9es. La prochaine fois, je proposerai qu\u2019on le remplace par le \u00ab Coro a bocca chiusa \u00bb de Turandot, ne serait-ce que pour faire plaisir \u00e0 Elisabetta \u00ab pucciniana \u00bb.<br>Cher Enrique, mon petit fr\u00e8re catalan, apr\u00e8s ces quelques souvenirs, je voudrais juste te dire juste la chance que j\u2019ai eue de partager avec toi tant de moments heureux. Que la suite nous r\u00e9serve encore des rencontres. Prends le temps de prendre le temps et qu\u2019il avance tout doucement comme les jours du solstice d\u2019hiver, \u00e0 propos desquels un proverbe sarde<br>affirme que : \u00ab a Santa Luchia unu passu e pia \u00bb.<br>Et enfin, un grain de sagesse de l\u2019anc\u00eatre, moi : n\u2019oublie pas de te joindre toujours aux jeux des m\u00f4mes sans avoir honte de faire des cabrioles avec eux quand tu accompagneras tes petits enfants aux jardins publics (et merde aux conventions !).<br>Ton Michel (Michele)<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<div data-wp-interactive=\"core\/file\" class=\"wp-block-file\"><object data-wp-bind--hidden=\"!state.hasPdfPreview\" hidden class=\"wp-block-file__embed\" data=\"https:\/\/memoriadelcor.org\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Pour_Enrique_par_Michel.pdf\" type=\"application\/pdf\" style=\"width:100%;height:600px\" aria-label=\"Incrustaci\u00f3 del fitxer Pour_Enrique_par_Michel.\"><\/object><a id=\"wp-block-file--media-2256bded-c890-449a-9280-afb5a1ce6c39\" href=\"https:\/\/memoriadelcor.org\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Pour_Enrique_par_Michel.pdf\">Pour_Enrique_par_Michel<\/a><a href=\"https:\/\/memoriadelcor.org\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Pour_Enrique_par_Michel.pdf\" class=\"wp-block-file__button wp-element-button\" download aria-describedby=\"wp-block-file--media-2256bded-c890-449a-9280-afb5a1ce6c39\">Baixa<\/a><\/div>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Elisabetta Carpitelli<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Caro Enrique, caro amico conosciuto ormai 35 anni fa. Ti ricordi ? Eravamo in Corsica.<br>Tu, formato in filologia romanza alla meravigliosa scuola dei romanisti di Barcellona, il nostro caro Joan in testa, avevi finito il servizio militare. Io, dottore in linguistica italiana e in particolare in fonetica, ero appena arrivata a<br>Grenoble in post-dottorato per finire di formarmi con il nostro caro Michele (o Michel, come si vuole).<br>Era la nostra prima riunione dell\u2019ALiR, in un mondo magico come quello che i Dalbera erano riusciti a creare per questo convegno, il primo anche per loro nella loro bellissima isola che, almeno io, vedevo per la prima volta.<br>Ricordo che per entrambi, tu ed io, era auna sorta di momento magico perch\u00e9 eravamo circondati da tanti di quei maestri ai quali attingevamo per i nostri lavori.<br>Ti ricordo in un momento in cui eri assorbito da una discussione animatissima e, mi sembrava, appassionata con il caro Jacques Alli\u00e8res e l\u2019austero (o almeno mi sembrava tale) Xavier Ravier che pontificava su non mi ricordo quale argomento. Ti ammiravo molto perch\u00e9 riuscivi a parlare da pari a pari con questi personaggi, senza la minima difficolt\u00e0. Loro stessi ti ascoltavano concentrati e, appunto, io mi dicevo : \u201cMamma mia, che bravo!\u201d.<br>Io mi sentivo ad un livello molto pi\u00f9 pedestre: non ero filologa, non ero romanista in senso proprio\u2026mi occupavo in modo modesto di fonetica sperimentale applicata ai dialetti (per seguire il pi\u00f9 possibile le orme di Michele) e quindi mi sentivo in un mondo straordinario al quale aspiravo.<br>La famiglia dell\u2019ALiR, con tanti amici, pi\u00f9 grandi e pi\u00f9 piccoli di noi, ci ha sempre accolto anche negli anni seguenti, con il calore di sempre. E poi pian piano, anche noi siamo passati fra i senior e abbiamo contribuito ad<br>accogliere i pi\u00f9 giovani. Ricordo un convegno a Barcellona durante il quale l\u2019allegria si alternava a momenti di concentrazione forti, come sempre negli incontri dell\u2019ALiR : ti ricordi quando in metropolitana cantavamo tutti (Tullio<br>in testa): \u201cchi non salta Berlusconi \u00e8 \u2026 \u00e8\u2026\u201d. Lo dicevamo forte tutti insieme\u2026 Purtroppo non \u00e8 servito: Berlusconi ce lo siamo sorbito ancora per anni, ma con tutti gli amici dell\u2019ALiR abbiamo riso tanto!<br>Fra i miei ricordi, come fra quelli di Michele, ci sono anche i canti: i tuoi, quando intonavi e intoni Los labradores, secondo inno dell\u2019ALiR insieme alla polenta, ma anche i canti con il caro Gabriele\u2026 Le canzoni italiane degli anni<br>\u201960 \u00e8 sempre stato un repertorio fisso \u2026 Sono sempre stata stupita della tua conoscenza di \u201cFatti mandare dalla mamma a prendere il latte\u201d che neanche io so cantare per intero.<br>Questa capacit\u00e0 di passare da cose serissime a cose divertenti, molto rapidamente, cosa che ti accomuna molto a Michele, \u00e8 una delle tue caratteristiche che ammiro. Mi viene in mente uno studente di Matteo Rivoira che, ascoltandoti, ha detto, anche lui perso nelle tue parole: \u201cEcco, io vorrei essere come lui\u2026 no\u2026 anzi\u2026 vorrei essere lui!\u201d.<br>Questa frase, che mi ha fatto tanto ridere, traduce bene quello che anch\u2019io ho provato conoscendoti.<br>Come avrebbero detto i ragazzi quando ero ragazza io: \u201cEnrique mitico!\u201d<br>Ed ora un grande grazie per tante cose: la tua ospitalit\u00e0 (e vostra, di tutta la tua bella famiglia\u2026 Jean-Pierre si ricorda di quando Emma, piccina, gli disse \u201cQue guapo!\u201d\u2026e poi ci ricordiamo di Puka\u2026), la tua accoglienza anche<br>nel tuo corso del 18 maggio di tanti anni fa, insieme a Gabriele, un bellissimo ricordo di giorni sereni, fino all\u2019ultima volta, questo inverno, quando mi hai aiutato con l\u2019introduzione in catalano alla comunicazione per Joan!<br>Amico carissimo, un forte abbraccio e la speranza che tu continui con l\u2019entusiasmo di sempre a insegnarci tante cose, con la passione di sempre e il piacere di raccontare che ti conosciamo!<br>Elisabetta (con un pensiero affettuoso anche da Jean-Pierre)<\/p>\n\n\n\n<div data-wp-interactive=\"core\/file\" class=\"wp-block-file\"><object data-wp-bind--hidden=\"!state.hasPdfPreview\" hidden class=\"wp-block-file__embed\" data=\"https:\/\/memoriadelcor.org\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Per_Enrique_Elisabetta.pdf\" type=\"application\/pdf\" style=\"width:100%;height:600px\" aria-label=\"Incrustaci\u00f3 del fitxer Per_Enrique_Elisabetta.\"><\/object><a id=\"wp-block-file--media-b5c8d899-3038-4e3a-aae9-010902452b63\" href=\"https:\/\/memoriadelcor.org\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Per_Enrique_Elisabetta.pdf\">Per_Enrique_Elisabetta<\/a><a href=\"https:\/\/memoriadelcor.org\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Per_Enrique_Elisabetta.pdf\" class=\"wp-block-file__button wp-element-button\" download aria-describedby=\"wp-block-file--media-b5c8d899-3038-4e3a-aae9-010902452b63\">Baixa<\/a><\/div>\n\n\n\nngg_shortcode_0_placeholder\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Michel Contini Mon cher Enrique,Il fut un temps o\u00f9 tu n\u2019\u00e9tais pas encore avec nous, les dialectologues engag\u00e9s dans les deux chantiers supranationaux :ALE et ALiR. 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